Test de Robinson: The Journey

Depuis la sortie du PlayStation VR, pas mal de joueurs apprécient autant qu’ils critiquent l’aspect « expériences courtes » livrées jusqu’à présent par les différents studios de développement s’étant engouffrés dans le casque de réalité virtuelle de Sony. Il est vrai qu’à part EVE: Valkyrie et RIGS, peu de titres proposent un contenu aussi grand que les jeux classiques, pour un casque de réalité virtuelle qui est souvent utilisé durant de courtes sessions de jeu. Depuis l’annonce de Robinson: The Journey, Crytek laissait toutefois espérer un jeu au contenu plus large, et surtout une claque graphique digne de la renommée du studio. Qu’en est-il en réalité, non virtuelle ? Verdict dans notre test de Robinson: The Journey, réalisé sur PS4 (classique, nous mettrons à jour pour nos retours sur la version PS4 Pro) grâce à une version PlayStation Store offerte par Crytek.

Le plus beau jeu du PlayStation VR !

Que l’on soit clair tout de suite, ne vous attendez pas à recevoir la claque graphique prévue par la vidéo en fin de première partie sur les graphismes de Robinson: The Journey. Nous le savions très bien, et avions anticipé largement une grosse dégradation visuelle pour une PS4 et un PlayStation VR qui sont tous deux incapables d’afficher une jungle et des effets d’une telle qualité, même sans l’utilisation d’un casque de réalité virtuelle. Malgré tout, Robinson: The Journey est assurément le titre le plus impressionnant du catalogue du PSVR en termes de réalisation technique, et nous a bluffé par bien des artifices. Tout d’abord, et Crytek est expert en la matière, la végétation du titre est superbe, très peu aliasée pour un jeu en réalité virtuelle, et les arrières-plans le sont tout autant. C’est un véritable plaisir pour les yeux d’arpenter les différentes zones de la zone de crash, qui arrivent toutes à se renouveler pour nous faire vivre un spectacle immersif comme seuls les jeux en réalité virtuelle savent le faire.

Sur votre chemin, vous croiserez par ailleurs de nombreux dinosaures, eux aussi très bien modélisés, mais qui prennent vraiment une dimension toute particulière avec le PlayStation VR, puisque vous vous rendrez vraiment compte de la taille d’une telle bestiole si nous avions du les rencontrer un jour. Par moment, Robinson: The Journey vous enverra même des effets de lumière magnifiques, qui traverseront avec douceur le feuillage épais d’une jungle globalement toujours touffue, et variée au niveau des espèces végétales et animales. Sur ce point, outre des races de dinosaures plus ou moins célèbres (pas de spoil !) vous croiserez en effet autant d’insectes que de reptiles, et quelques autres variétés de vertébrés et invertébrés qui forment une petite encyclopédie accrocheuse.

Un ton au dessus de Batman: Arkham VR et Until Dawn: Rush of Blood, ce Robinson: The Journey ? C’est un grand oui pour son aspect technique pur, puisque le jeu de Crytek vous fait évoluer dans des zones beaucoup plus vastes que les deux titres précédemment cités, tout en augmentant le nombre de détails sur chaque élément. On retrouvera en revanche, comme sur la majorité des jeux actuellement disponibles pour le PlayStation VR, un effet de flou pas mal prononcé accusant une résolution native très basse, et quelques clippings de textures qui ne nous ont toutefois pas sauté aux yeux immédiatement. Est-ce que Robinson: The Journey est plus joli sur PS4 Pro, dont le titre affiche une « compatibilité » ? Nous ferons un point sur cette version dans les jours à venir, mais ne croyons pas vraiment en un miracle. Le plus beau jeu PlayStation VR est donc actuellement Robinson: The Journey, tout en conservant les défauts visuels de sa technologie.

L’aventure jurassique made in Crytek

Si Crytek est connu et reconnu pour proposer de très beaux graphismes dans ses jeux, il l’est également pour un point moins sexy, celui d’être un scénariste assez banal dans l’industrie. Une nouvelle fois, si Robinson: The Journey est très beau, il est aussi assez décevant d’un point de vue narration et background. Pour faire simple, et sans vous dévoiler l’intrigue du jeu, sachez que vous incarnerez Robinson suite à son réveil dans une capsule après le crash de son vaisseau. Vous serez le seul survivant de cette épopée qui devait de toutes façons atterrir sur la planète Tyson III. Dès votre réveil, vous ferez connaissance de Laïka, bébé T-Rex qui vous accompagnera partout, et qui est domestiquée pour vous suivre et accomplir pas mal d’actions différentes qui vous seront utiles tout au long de l’aventure. Et le scénario dans tout ça ? Robin va devoir enquêter pour trouver des survivants, explorer la jungle et les différents environnements variés qui sont offerts dans Robinson: The Journey, mais le tout manque clairement d’entrain, et d’un fil d’Ariane.

Nous n’avons honnêtement pas eu envie de continuer l’aventure grâce au scénario, mais plutôt grâce à son gameplay et à l’exploration de cette planète inconnue, mystérieuse, et peuplée de créatures peu orthodoxes. Lorsque vous trouverez quelques pièces de HIGS (les cousins du petit robot volant qui vous guide tout au long de l’aventure), vous aurez en effet accès à une narration qui vous en apprendra plus sur le crash de la navette spatiale, et peu à peu sur Tyson III, ce qui est une bonne chose en soi, mais qui manque de piquant, puisque ces phases se déroulent sur des écrans fixes et des fichiers audios à écouter. La narration n’explose jamais vraiment, pour un scénario très effacé que vous suivrez en revanche avec plaisir pour HIGS et Laïka, deux « personnages » fort attachants. Nous nous attendions toutefois à mieux concernant ce point de Robinson: The Journey, décevant.

Robinson: The Motion Sickness Journey ?

Cela fait maintenant un peu plus d’un mois que nous sommes en possession du PlayStation VR, et nous avons maintenant un recul suffisant pour affirmer que le Motion Sickness peut vraiment être combattu facilement. Cela étant dit, si les effets d’inconforts se chassent globalement tous à l’usage régulier du casque (et des autres comme l’Oculus Rift et le HTC Vive par exemple), nous ne recommandons pas Robinson: The Journey aux néophytes de cette technologie nouvelle et complexe. A l’image d’autres titres qui impliquent le maniement de la DualShock 4 pour se déplacer, le jeu de Crytek a un fort potentiel de gerbouille et ce, dès vos premiers pas sur Tyson III. Tout comme l’aventure dans Le Manoir des Croft de Rise of the Tomb Raider (Les Liens du Sang), ou dans Here They Lie, des options existent pour réduire un peu les vertiges et la nausée, mais si votre cerveau n’est pas prêt, il faudra faire de nombreuses petites séances de Robinson pour enfin pouvoir y jouer plus de 15 minutes. Le discours est donc le même que pour les autres titres jouables directement à la DualShock 4 au PlayStation VR / et de réalité virtuelle tout court, l’entrainement et l’habitude sont de rigueur pour Robinson: The Journey.

A l’intérieur du PlayStation VR, les graphismes sont aussi jolis, mais bien plus flous !

Un gameplay varié et agréable

Puisque nous parlons par ailleurs du gameplay à la DualShock 4, laissez-nous vous présenter à quoi elle va bien servir dans Robinson: The Journey. Première chose à savoir, si Robin, donc vous, brandit un scanner ressemblant fortement à un PS Move, l’utilisation des mini-sabres lumineux de Sony est impossible. Cela aurait fait sens, mais les déplacements auraient alors été plus compliqués. Quoi qu’il en soit, le gameplay du jeu de Crytek est relativement varié, ce qui ne manquera pas non plus de toujours forcer votre curiosité. Notons tout d’abord l’aspect collection du titre, qui vous proposera de scanner toutes les formes de vie que vous croiserez sur Tyson III, et qui seront ensuite répertoriées dans une encyclopédie, l’Infotarium. Pour ce faire, votre scanner possède deux modes de fonctionnement, et vous devrez viser les éléments à scanner pour passer sur les billes d’ADN des animaux, sans toucher les quelques billes rouges. Mais la collecte n’est heureusement pas le seul but du titre.

Vous vous souvenez de The Climb, autre titre jouable en réalité virtuelle (sur PC exclusivement) de Crytek ? Robinson: The Journey possède lui aussi un bon nombre de phases de grimpettes très inspirées de ce jeu. En vous approchant d’une paroi, vous pourrez alors commencer à attraper la première prise, pour ensuite vous hisser jusqu’en haut de surfaces parfois vertigineuses. Ces phases sont plutôt agréables à jouer, et la vue dégagée, une fois dans les cimes, est souvent splendides. 

Pour en revenir à votre scanner, il sera également capable d’attraper et de soulever des surfaces et objets métaliques, ce qui sera bien utile pour vous dégager une route, ou pour interagir avec différents éléments qui déclencheront l’avancée d’une scène. Vous pourrez aussi, à certains moments, pointer HIGS, votre pote robot qui vole, afin de voir à travers ses yeux aériens, ce qui ouvrira à des puzzles pas bien compliqués à résoudre, mais amusants. Il s’agira de relier des points entre eux pour alimenter des zones en électricité, ou ouvrir des portes. Enfin, l’utilisation de Laïka pour progresser est également agréable. Le petit T-Rex pourra en effet répondre à vos ordres pour se placer là où vous le souhaitez, rugir sur les animaux, manger, et jouer avec vous. Au final, le gameplay de Robinson: The Journey se révèle varié, sympathique, mais en dehors de l’exploration impressionnante de Tyson III, nous aurions aimé que Crytek approfondisse un peu plus le tout, notament les relations entre Robin, Laïka et HIGS qui auraient pu avoir plus de volume et d’intensité. On sent clairement un cloisonnement et des limites imposés par la VR.

Un vrai jeu, et non une expérience ?

Vendu au prix de 55€ à son lancement (sur Amazon.fr), Robinson: The Journey vous prendra environ 7 heures de votre temps pour voir les crédits de fin, et quelques unes de plus pour le compléter à 100% (répertorier toutes les espèces et chasser les objets cachés). Si la durée de vie n’est toujours pas parfaite, on se rapproche en revanche de certains titres classiques, eux aussi vendus au prix fort pour une dizaine d’heures de gameplay. Le rapport qualité / prix est en tout cas bien meilleur que ce que nous avions parfois pu voir au lancement du PlayStation VR, pour un Robinson: The Journey qui nous a fait vivre une aventure magique, dépaysante et splendide aux pays des dinosaures. Crytek gère toujours aussi bien son sujet quand il s’agit d’impressionner les joueurs, mais on retrouve également les faiblesses du studio dans Robinson: The Journey, soit un scénario vraiment plat, et un gameplay qui aurait pu s’exprimer avec beaucoup plus de volume. En l’état, et même sur une PS4 non-Pro, le jeu de Crytek est assurément l’un des meilleurs disponibles actuellement pour le PlayStation VR de Sony. On recommande donc chaudement Robinson à tous les joueurs qui cherchent une aventure tranquille, le dépaysement, et qui ont déjà combattu le Motion Sickness avec d’autres productions.

Verdict : 15 / 20

  • Sadako

    Journaliste gaming et high-tech depuis 2009, je suis "Vanlifer" depuis 2021, dans mon camping-car équipé pour travailler sur les routes tout comme pour profiter de bons moments de détente !

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