Test de FIFA 17

Avant d’épiloguer sur la bataille des FPS de fin octobre / début novembre, un premier face à face est désormais lancé cette année. Après vous avoir donné notre verdict sur PES 2017 avec ses forces et faiblesses, c’est au tour du mastodonte FIFA 17 de passer dans nos mains. Et autant dire que pour cet épisode, EA a décidé de ne pas se reposer sur ses lauriers en opérant ni plus ni moins un changement de moteur, à savoir un portage complet du tout sous le moteur Frosbite, connu pour être le joyau technique d’un Battlefield. Est-ce que ce changement radical de moteur monte encore la série d’un cran dans la simulation footbalistique ? FIFA 17 apporte-il les nouveautés tant attendues après les frustrations de certaines situations de FIFA 16 ? Autant clairement vous mettre au diapason tout de suite, certaines des nouveautés de cette année ne donnent clairement pas le smile…

Le changement (du moteur), c’est maintenant 

Comme annoncé plus haut, le plus gros changement cette année pour FIFA 17 est probablement l’arrivée du nouveau moteur, à savoir le Frostbite, venu à la rescousse pour hisser la licence footbalistique de EA au niveau supérieur. Dans les faits, quand on sait la charge de travail que cela peut représenter, on est plutôt content que le résultat soit au rendez vous. D’une part parce que les soucis liés à un changement de ce type ne sont pas présents, mais en plus, parce que la partie visuelle et la partie physique ont été améliorées dans le bon sens. Déjà, et il était temps, la physique de balle a subit un changement drastique, ayant alors un comportement et une dynamique plus réaliste, plus lourde, qui rend les phases de jeu balle au pied bien plus permissives. Le ballon n’a plus cette trajectoire rectiligne qu’on lui connaissait dans les épisodes précédents, et devient donc un élément physique comme un autre, avec une alternance réaliste et crédible de ballon lourd et puissant en passant par des frappes plus sèches ou flottantes. 

Est ce que l’arrivée du Frostibite sur FIFA 17 change t-il drastiquement la donne du point de vue de la modélisation ? Et bien non, pas forcément, mais en même temps, nous direz-vous, pourquoi changer une formule sur laquelle EA a réussit à s’imposer depuis maintenant plusieurs années ? En réalité, le Frostbite apporte bel et bien des nouveautés visuelles, à commencer par des effets d’éclairages sur le terrain bien plus naturels, et moins flashis #jet’éblouislatronche et adopte aussi un rendu des couleurs plus réalistes. Pour le reste, la modélisation des joueurs s’améliorent également pour certaines superstars, d’autres joueurs de Ligue 1 n’ont pas eu la chance de profiter ce chouette rendu, et encore moins Zinedine Zidane, qui décrochera la palme de la plus mauvaise vraisemblance entre lui et son sosie virtuel. 

Attaque, attaque, continue d’attaquer et défend si tu y arrives… 

Attaquons quand même le gros de FIFA 17, comme chaque année, à savoir son gameplay. Tous les ans, on se demande à quelle sauce on sera mangé, et surtout, quel domaine du jeu sera favorisé, ou alors, si l’équilibre parfait sera enfin trouvé. Et bien sachez d’avance qu’en 2016, cet équilibre d’enfer n’est clairement pas au rendez-vous. Cela est en réalité du à plusieurs choix pris par EA et dont cette conséquence nécessitera quelques patchs au fur et à mesure des mois à venir. 

Commençons par l’attaque, qui, comme déclaré plus haut, sera le coeur du réalisme cette année. Mêmes si certaines équipes ont la force d’avoir des joueurs ultra rapides sur les ailes, c’est avec un rendu plutôt exagéré que ces types de joueurs sont affichés. Prenez un Gareth Bale ou un Christiano Ronaldo, débordez-les sur le côté ou poussez votre ballon au bon moment, et vous voilà en pleine course pour aller au but sans quasi aucun risque qu’un joueur adverse ne vous rattrape (sauf l’IA et ses élans cheatés). 

En réalité, cette portée sur l’attaque aussi prononcée est due à deux choses : la première est la volonté pure dans le système de jeu d’envoyer des praloches devant, mais aussi derrière, le système défensif ayant été repensé sur plusieurs formes. Des petites touches ici et là mais qui déstabilisent les anciens. Par exemple, la portée de votre jambe tendue pour piquer le ballon dans les pieds de votre adversaire a été réduit. Du coup, vous devez vous situer pile-poil pour espérer voler le ballon correctement. Ajoutez à cela que si votre défenseur tend sa jambe mais n’arrive pas à intercepter le ballon, sa course pour remonter à l’attaquant et rentrer en phase défensive est super longue ! Ceci est due à une reprise de la gestuelle vraiment longue, qui, du coup, entraine des poussés de la balle avec un joueur ultra rapide pour vous mettre définitivement dans le vent.

Ce constat est très frustrant au démarrage, mais on s’aperçoit tout de même de la marge de progression nécessaire pour revenir à un système défensif où l’on se sent à l’aise, mais qui reste tout de même dans les faits plus pointu et plus punitif que les autres années. Les tacles, en revanche, ont été améliorés, du bon côté cette fois-ci, avec une portée un peu plus longue et un laps de temps raccourcit pour permettre au joueur de revenir sur ses jambes. 

Pour ce qui est du milieu de terrain, on reste sur du travail connu. Bien évidemment, le jeu était déjà très bon de ce point de vue, mais la gestion du milieu de terrain reste tout de même similaire à ce que proposait FIFA 16. A contrario qu’avec cette portée sur l’attaque plus prononcée, votre rideau défensif au milieu de terrain aura forcément plus d’impact que prévu et devra vous servir à bloquer justement ou anticiper les appels des joueurs d’ailes. Malgré les défauts qu’on a déjà pu citer pour cet épisode, la grosse partie de la conception et de la richesse proposée du jeu reste inchangé. FIFA reste FIFA dans de nombreuse lignes qu’on lui connait, et il aurait tort de changer cette philosophie tant elle est appréciée par ses fans. 

Enfin, dernière chose sur le gameplay, les pénaltys, coups francs et corners ont été revus. Revus, mais les anciennes formules n’ont pas été supprimées, puisque si la nouvelle formule ne vous convient pas, rien n’empêche de basculer sur l’ancienne. Mais de ce fait, quel est le résultat de cette tentative ? Sur les corners par exemple, vous avez un curseur qui se déplace dans la surface de réparation pour donner une cible où le ballon devra atterir. Le but étant que les joueurs anticipent et que vous, vous anticipiez les placements défensifs. C’est intéressant, mais malheureusement mal modélisé, tant ce rendu entâche la crédibilité, quelque chose de plus mécanique et de plus « jeu vidéo ». Pour les coups et pénaltys, il y a désormais une touche attribuée à l’élan, ce qui est une bonne chose, en abandonnant la jauge de puissance entre deux extrémités rouges et un centre vert pour aller sur une formule moins visuelle avec tout dans le doigté. 

Un contenu riche en nouveautés sur le catalogue, mais rien de renversant 

Si vous avez suivi un tant soit peu la campagne marketing de FIFA 17, vous n’avez sans doute pas loupé l’annonce d’un mode Journey, alias L’Aventure. Vous incarnerez donc Alex Hunter, jeune joueur anglais doté d’aptitudes footbalistiques remarquées des grands clubs. Ce mode de jeu se divise en des phases purement de jeu (soit vous incarnez uniquement le joueur soit vous pouvez contrôler l’équipe entière de manière classique), et vous aurez aussi en parallèle des entrainements comme les jeux techniques avec votre club. Citons étalement des cinématiques avec des choix dans vos prises de paroles, qui vous permettront de devenir un joueur arrogant adoré des fans ou un joueur courtois et humble adoré du coach.

Si dans l’idée et la réalisation purement visuelle le pari semble partir sur de bons rails pour les épisodes suivants, le scénario qui en découle est catastrophique. Tout est scripté par avance avec des gaines en béton armé, avec à chaque fois la blessure d’un cadre titulaire qui entraine votre lancée dans le grand bain. Même si vous marquez 3, 4 ou 5 triplés d’affilés, vous aurez droit à un moment donné à un joli « Hunter tu n’es pas au niveau, tu descends de division » pour ensuite avoir la magnifique surprise de terminer le mode solo qui nous renvoie direct sur le mode FIFA Ultimate Team. Autant la partie vraiment scénarisée solo, même si elle n’est pas très réussie, donne enfin une consistance de vrai mode aventure, autant la politique de la suite sur FUT est déjà moins glorieuse. Nous n’épiloguerons pas sur le sujet pendant 107 ans, mais ça, on cautionne moyennement. 

Pour le reste, on reste dans nos pantoufles

Pour le reste, on reste sur ce que l’on connait de FIFA, à savoir un mode carrière qui s’accompagne de quelques modifications comme le choix légèrement personnalisable de notre entraineur, de tournoi de pré-saison à choisir plutôt qu’un autre, et d’autres petites features qui donnent un peu de nouveautés. Pour ce qui est de FUT ou FUT Draft, la machine est de nouveau de retour de belle manière, et ce n’est pas en 2017 que les joueurs s’arrêteront de jouer au mode le plus populaire de FIFA depuis maintenant quelques années. On pourra constater l’arrivée de nouveautés, d’ailleurs, pour FUT, avec le programme FUT Champions qui permet de faire des compétitions hebdomadaires avec des tournois le week-end, mais aussi à des défis de création d’équipes qui clôturent le listing des nouveautés de cette année, toujours dans le but ultime de vous engager de plus en plus. 

Alors on crampe…

Le résultat des courses est là ! Qui obtient le saint grâal entre un PES 2017 qui continue sur ses bonnes intentions et, à côté, le mastodonte détenteur de la couronne depuis maintenant quelques années que représente FIFA 17 ? Si PES 2017 nous avait globalement plu sur pas mal de critères, les éléments fondamentaux qui font de FIFA le leader marchent encore cette année, que ce soit en termes de licences, de contenu et de ressenti général. Toutefois, les nouveautés apportées par cet épisode ne sont clairement pas les meilleures innovations de la série. Un mode aventure trop bancal, une volonté de porter le jeu sur l’attaque beaucoup trop prononcée et une défense assez ardue dans les premiers instants font que les sensations sont quelques peu déroutantes.

De plus, les matchs Real / Real en ligne ne sont pas prêts de s’arrêter, faute à un système de jeu, encore cette année, qui n’arrive pas à se défaire de cette tendance abusive en ligne et pas du tout intéressante. Si la licence campe sur des acquis d’une qualité indéniable, les nouveautés apportées ne marquent pas la distinction suprême. Même si le changement de moteur peut amener au drame, Frosbite tire indéniablement une partie de la physique de FIFA 17 vers le haut. Toutefois, FIFA 17 n’est clairement pas l’épisode de l’équilibre et frustrera plus qu’il ne fera jubiler. Un excès d’estime qui ne pénalisera pas ses ventes, mais qui n’en fait pas non plus le meilleur jeu de simulation footbalistique de cette année 2016.

Verdict : 15 / 20

  • Sadako

    Journaliste gaming et high-tech depuis 2009, je suis "Vanlifer" depuis 2021, dans mon camping-car équipé pour travailler sur les routes tout comme pour profiter de bons moments de détente !

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