Test de FATED: The Silent Oath

Souvenez-vous, c’était en octobre de l’année dernière. Dans un élan de bonté véhément, Sony délivrait, des sourires plein la bouche, ses casques de réalité virtuelle aux plus demandeurs. Galvanisés par le rendu immersif de la chose, les premiers acheteurs affichaient avec fierté le dernier venu de la famille high-tech et n’hésitait pas à tanner leurs amis pantois qui n’avaient pas 400 euros à mettre dans un casque en plastique. Retour à aujourd’hui : Nous sommes en avril, six mois après l’introduction en grandes pompes du PSVR.  La fierté a laissé place à l’ennui de voir peu à peu ce si beau casque fondre sous une tonne de poussière, las d’avoir vu s’amasser une somme de jeu sans compatibilité. C’est donc dans ce contexte pas franchement folichon que Fated : the Silent Oath arrive sur PSVR. Après une aventure pas inintéressante sur les autres plateformes VR, le dernier né de Frima Studio compte bien dépoussiérer le casque de Sony. Oui, mais pour combien de temps ?

Un voyage chez les Vikings

Que les courageux qui se sont essayés à Resident Evil freinent leurs ardeurs de suite : Fated: The Silent Oath, n’est pas un jeu qui vous fera grincer des dents de peur.  Il n’en est pas moins que l’aventure narrative proposée amorce sa dose de surprise et de stupeur. Pour réorienter le contexte, votre village a été détruit par un tremblement de terre (c’est la raison officielle) ou « autre chose »  (c’est la raison officieuse). Il en revient bien évidemment à vous de sauver du calvaire votre famille. Petit problème : vous avez prêté un serment… La vie contre la parole. La raison pour laquelle vous commencez le jeu avec ce serment ne sera pas dévoilée dans ce test, ni même la raison pour laquelle vous débutez le jeu en étant le fantôme de vous-même ( Relax, cher lecteur, c’est une information contenue dans la première seconde de jeu, tu peux donc descendre de ton grand cheval noir impétueux.) Bref, pour faire une lapalissade de premier ordre : il est difficile de parler, pour quelqu’un qui n’en a pas la capacité. C’est donc là ou le casque de réalité virtuelle de Sony prend tout son sens, puisqu’il imputera au joueur d’hocher la tête pour dire oui et de la secouer pour dire non, en fonction des nombreuses questions qui arpenteront ce jeu. 

Selon la réponse, les dialogues seront quelque peu différents, mais pas d’embranchements scénaristiques, ni même de « machin se souviendra de cela » à la manière des Telltales.  Au niveau des interactions, Fated: The Silent Oath fait le minimum, mais le fait plutôt très bien. Passé l’introduction longuette et pas franchement salivante, il en vient donc au joueur de se déplacer à travers une mission de chasse. Commandes classiques : on se meut avec le stick et on tourne la tête avec le casque. La question qui se pose bien évidemment est celle du potentiel gerbatoire d’un tel choix. Il s’est avéré plutôt concluant pour moi, puisqu’à aucun moment je n’ai exprimé un quelconque souhait de régurgiter ma carbonara dans un sursaut convulsif digne d’un nouveau-né. Cependant, pour les chiffes molles au cœur de sucre, sachez qu’un second mode de vue est disponible : le jeu rajoute des points fixes sur les lunettes pour éviter que vous tachiez votre nouveau pantalon. Fated: The Silent Oath : 1 – Gerbe : 0.

Aussi beau qu’il est court

Si toutefois votre courage ne vous a pas fait défaut tant, il est vrai, le début traine, Fated: The Silent Oath saura récompenser vos rétines. En plus de se doter de mécaniques de gameplay forcément transcendées par la VR, le jeu peut se targuer de disposer d’environnements certes techniquement régressifs mais d’une beauté peu ordinaire. Avec un contraste de couleur acéré et une direction artistique bien sentie, le jeu du studio québécois étonne par sa maîtrise artistique et a réussi l’exploit de décrocher quelques « waouh » de ma bouche, pourtant jamais à court de vacheries. Au niveau des personnages, on peut en revanche noter quelques animations hasardeuses et un character-design très orienté cartoon, qui peut en repousser beaucoup. Si l’on reste dans les approximations techniques, on pourra aussi noter des doublages sortis tout droit des pires marchés aux puces de Montreuil, ce qui, au vu de la qualité de la musique parait tout à fait dommageable et pour le moins incompréhensible. Quant au gameplay, on ne peut soustraire à Fated son ambition et sa constante volonté de varier les phases de gameplay. Il m’est très facile de dire qu’à ce jour,  je n’ai pas vu de jeu à tendance narrative qui a mieux exploité les fonctionnalités du PSVR. Dans l’action comme dans la plateforme, les énigmes sont certes simples, mais toujours intuitives et surtout diablement bien amenées. Ainsi, le joueur ne s’ennuie jamais et reste sans cesse diverti. Au vu de la durée de vie médiocre et surtout de son contenu famélique, il nous est difficile de crier au génie.

Si l’on peut lui pardonner ses approximations  techniques, il nous sera bien ardu de nous faire l’avocat du diable sur le point épineux de la longévité du jeu. Fated est court, très court, trop court. Comptez environ 1h30 pour terminer le jeu, qui n’offre en plus aucune raison de s’y replonger. Vendu sur le PS Store au prix de 9,99 euros, le billet a du mal à passer. Estimez-vous heureux, vous qui grinchez derrière votre écran, car il y a de cela moins d’un an, ce même jeu coutait dix euros de plus !  La preuve alors que pour l’instant, « l’expérience », ce mot clé qu’Andrew House martelait lors des différentes annonces PSVR, sert en fait d’excuse à la très relative longueur des jeux PSVR. Si, jusqu’à maintenant, la durée de vie famélique des jeux VR n’était qu’un obstacle de plus à leur achat, il semblerait que pour Fated, celle-ci soit un obstacle de trop. 

Bien dommage, car cette aventure narrative parvient à bien des égards à captiver les clients du VR, certes pas franchement aidés par un catalogue maigrelet, mais qui auraient pu voir en Fated la promesse d’un avenir moins incertain. Cependant, bien affamé sera celui qui sortira 10 euros de sa poche pour une promesse, aussi belle soit-elle ; et bien heureux seront ceux qui, d’un sourire narquois, agiteront le billet en criant : « les promesses n’engagent que ceux qui les écoutent ».

Verdict : 12 / 20

  • Sadako

    Journaliste gaming et high-tech depuis 2009, je suis "Vanlifer" depuis 2021, dans mon camping-car équipé pour travailler sur les routes tout comme pour profiter de bons moments de détente !

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