Test de Rise of the Ronin | Un Nioh grand public sur PS5 ?

« Ronin : n.m : Samouraï libre de tout engagement envers un suzerain. »

Rise of the Ronin, c’est avant tout le pari fou de la Team Ninja, connue pour être derrière la série des Nioh ou bien encore des Ninja Gaiden, visant à offrir aux joueurs la plus grande aventure jamais conçue dans l’histoire du studio. Il faut dire que l’idée d’un jeu réunissant l’expertise de l’équipe côté gameplay et se déroulant au sein d’un vaste monde ouvert était quelque chose de très attirant sur le papier. Car s’il y’a bien un élément qui a toujours su caractériser la Team Ninja, c’est bien l’attention portée au gameplay, rimant souvent avec précision et intransigeance.

Avec un développement débuté en amont du premier Nioh, Rise of the Ronin débarque enfin en exclusivité sur PlayStation 5 ce mois-ci. Et bonne nouvelle pour les joueurs n’étant pas à l’aise avec le genre soulslike : Rise of the Ronin est plus accessible et permissif que les précédentes productions du studio, grâce à la présence d’un choix du mode de difficulté (facile, normal, difficile et un extrême qui se débloque en new game +).

Mais ce n’est pas tout, car si le jeu reste précis dans ses combats, les conséquences en cas d’échec sont beaucoup plus souples que dans les titres précédents. Dans Rise of the Ronin, le héros dispose de deux barres d’expérience. Une permettant de monter en niveaux et qui progresse quoiqu’il arrive, la seconde, celle de karma, qui se vide en cas de mort. Comme dans un jeu Team Ninja classique, il faudra aller occire l’ennemi qui vous a défait pour récupérer ce que vous avez perdu. La barre de niveaux permet d’équiper du stuff adéquat et de profiter de ses bonus, tandis que la barre de karma distribue des points de compétences à dépenser dans un arbre dédié en fonction de votre style de jeu (combat, infiltration, tir à distance, etc…).

Comme vous l’aurez compris, la Team Ninja a souhaité que le plus grand nombre puisse profiter de son nouveau titre. Testé en difficulté normale au cours de ce test, il ne nous est arrivé de ne mourir que très rarement, le monde ouvert permettant de rapidement progresser en puissance pour pouvoir rouler sur les missions principales. Les développeurs ont même intégré un mécanisme permettant de visualiser les ennemis à travers les parois pour mieux planifier nos attaques. C’est dire la volonté du studio de rendre le jeu le plus accessible possible.

Enfin, et n’en déplaise à certains qui pensaient/espéraient le contraire, oui Rise of the Ronin a bel et bien des allures de Ghost of Tsushima.

Rise of the Ronin | Informations générales

– Jeu de type action RPG
– Disponible le 22 mars 2024 sur PlayStation 5
– Tarif de lancement : 79.99€ prix éditeur
– Durée de vie approximative : 20 heures pour la trame principale, 50-55 heures pour le 100%
– Version testée : Version numérique fournie par l’éditeur. Partie jouée intégralement en difficulté « normale »

– Les images illustrant ce test ont été fournies par Sony, nous vous réservons nos captures en vidéo dans le test à paraître ce vendredi 22 mars 2024

Rise of the Ronin | De quoi ça parle ?

– Rise of the Ronin prend place au Japon dans les années 1850-1860, durant la période Bakumatsu. Marquée par l’arrivée des flottes occidentales sur le sol nippon afin de l’ouvrir au commerce international, cette époque sera également déchirée par des luttes internes de pouvoir. Le shogunat est sur la sellette et la grande ère des samouraïs est sur le point de disparaître.

– C’est dans ce contexte que vous incarnez l’un des derniers membres des Lames Secrètes, des guerriers formés à la protection du pays, et dont la quête personnelle rejoindra malgré elle l’avenir du Japon. Nous n’irons pas plus loin pour ne pas gâcher la surprise de la découverte mais sachez que le scénario reste très intéressant à suivre, en dépit d’une écriture inégale à bien des égards.

– Au cours de ses aventures, le ronin rencontrera par ailleurs des figures historiques avec lesquelles il pourra partager plusieurs missions, dont certaines serviront à consolider diverses alliances avec telle ou telle faction. Car chaque décision et chaque choix auront une incidence sur le déroulé des événements et sur le dénouement de l’histoire principale.

– De plus, ces alliés pourront apporter divers avantages utiles, en fonction de votre affinité avec eux et il sera tout à fait possible d’entamer des romances si le cœur vous en dit… Le but principal de tout ceci sera donc de forger des alliances afin de gagner de nouveaux objets et de nouveaux points de compétences.

– Mais c’est surtout sur ce point que les limites de l’écriture se font sentir, avec des comparses qui auront une facilité déconcertante à dégainer le sabre pour un oui ou pour un non. Très Dynasty Warriors dans l’approche, cela en devient presque caricatural sur la longueur tant les prétextes pour s’affronter sont légion et pas vraiment recherchés. Vous pouvez très bien partager un verre avec un ami à la fin d’une mission et vous taper avec lui le lendemain dans un jardin japonais juste parcequ’il pleut et qu’il n’aime pas la pluie. Bien évidemment, le trait est grossi sur cet exemple, mais tout cela donne bêtement l’impression que les développeurs souhaitaient vraiment que le joueur affronte tous les alliés disponibles, et ce même pour des motifs futiles.

Rise of the Ronin | Manette en main

– Abandonnant le système fermé de missions des Nioh et de Wo Long, Rise of the Ronin propose enfin (et pour la première fois pour le studio) un monde ouvert. Malheureusement, l’ensemble reste très classique et ne prend aucun risque. Fortement inspiré de ce qui se fait du côté de chez Ubisoft, l’open world se révèle être rapidement pénible à parcourir, à base de points d’intérêts et de collectibles inintéressants dans l’ensemble (100 chats errants à trouver par exemple). De petits événements aléatoires se déclencheront lors de votre passage, dans lesquels il conviendra d’aider votre prochain pour faire monter votre affinité avec un territoire (ce qui permettra d’afficher sur votre carte les différents collectibles), mais qui s’avèreront être tout de même répétitifs, comme bien d’autres éléments du jeu

– A cela s’ajoutent une technique honteuse pour un jeu de 2024 ainsi qu’un gameplay rigide sur plusieurs points et vous obtenez donc l’un des plus mauvais mondes ouverts de ces dernières années. Pourtant, il y’a de bonnes idées, comme l’intégration d’un planeur (coucou Batman Arkham), d’un grappin (coucou Sekiro) et d’un cheval, mais l’ensemble peine malgré tout à être convaincant en plus d’être daté. Les déplacements ne sont pas fluides et naturels et il arrive fréquemment de pester car le personnage ne peut pas emprunter tel chemin s’il n’a pas été pensé comme praticable par les développeurs. Fort heureusement, la direction artistique donne lieu à de sublimes panoramas par moments, et il n’est pas rare de s’arrêter pour contempler l’environnement

– Concernant les missions (aussi bien principales que secondaires), celles-ci sont bien souvent un prétexte pour aller croiser le fer en compagnie d’autres protagonistes (jouables également qui plus est, une touche permettant de switcher de personnage à la volée) ou bien avec des amis via un mode coop’ pouvant accueillir jusqu’à 3 joueurs. Le level design général des niveaux reste peu inspiré, avec un point de départ A et un point B à rallier, le tout se terminant sur un combat de boss

– Mais qu’en est-il justement des combats, véritable marque de fabrique de la Team Ninja ? Et bien comme à son habitude, le studio ne déçoit pas sur ce point. Très généreux, le système de combat est très complet en plus de proposer tout un tas de variété. Plusieurs armes (katanas, odachis, doubles lames, sabres…), plusieurs styles (l’équivalent des postures de Nioh), des attaques spéciales, un arbre de compétences… bref tout est bien calibré, maîtrisé, jouissif. Il faudra par ailleurs absolument assimiler les contres, car ils seront au centre des affrontements, le but étant d’épuiser la barre d’endurance adverse afin de pouvoir asséner une attaque mortelle

– Mais attention, tout ceci n’est valable que pour les duels en 1vs1 car dès que les combats font intervenir plusieurs personnages en zone très fermée, le bordel s’invite rapidement à l’écran et le plaisir de jeu en prend un sacré coup

– L’intégration des armes à feu n’est pas en reste puisque le pistolet pourra « casser » un combo ennemi en plus d’effrayer les autres aux alentours

– De ce côté-là, difficile donc de fustiger le studio, qui livre encore une fois ici un gameplay globalement propre et qui demeure être le plus gros point positif du titre

– On aurait aimé cependant pouvoir en dire autant de l’aspect infiltration, mal exécuté dans son ensemble à cause d’une approximation des situations et d’une IA plus artificielle qu’intelligente. Les phases furtives sont monnaie courante dans le jeu, notamment lorsqu’il s’agit de nettoyer un camp de bandits. Mais elles ont tendance à être mal calibrées du fait qu’on ne sait pas toujours comment vont réagir les ennemis. Tantôt aveugles et sourds, tantôt omniscients du danger, il est difficile de se projeter dans ses actions et très rare de réussir à assassiner discrètement toutes les cibles. Comme dans beaucoup d’autres domaines, le jeu accuse un retard sur ce point également

Ce qui nous a plu dans Rise of the Ronin

– Un feeling manette en main entre Nioh, Wo Long et Sekiro

– Accessible à tous les joueurs, grâce à trois modes de difficulté

– Le contexte historique et l’ambiance d’époque bien retranscrite

– Des choix qui impactent sur la progression de l’histoire et sur son dénouement

– De jolis panoramas grâce à une direction artistique de qualité

– Quelques activités sympas, dont les dojos

Ce qui nous a moins convaincu dans Rise of the Ronin

– Une technique vraiment à la ramasse (clipping, retard d’affichage de textures, éléments qui apparaissent/disparaissent, soucis de collisions, murs invisibles, modélisations et animations datées, brouillard de distance, quelques ralentissements, IA catastrophique…)

– Graphiquement très dépassé. Des jeux PS4 sont bien plus beaux

– Un monde ouvert fade à parcourir, avec une exploration pénible et un tas de collectibles inintéressants

– Une écriture inégale, qui oscille entre le très bon et le médiocre

– Le système de combat qui devient bordélique quand il y’a trop d’intervenants en même temps

– Une overdose de loot non stop, tout le temps

Rise of the Ronin est un jeu pour vous si :

– Vous avez aimé Ghost of Tsushima et êtes en attente d’une suite

– Vous avez aimé les derniers Assassin’s Creed

– Vous aimez le Japon et son histoire

– Vous n’êtes pas regardant sur la qualité visuelle et technique

Les notes de Rise of the Ronin

– Réalisation technique : 8/20
– Direction artistique : 14/20
– Level design : 10/20
– Gameplay : 14/20
– Scénario : 14/20
– Bande sonore : 14/20
– Durée de vie : 15/20

Verdict définitif : 14/20

En gestation depuis près d’une décennie, Rise of the Ronin devait être l’accomplissement de toute l’expérience acquise par la Team Ninja depuis la sortie du premier Nioh. Ce qui aurait pu être le jeu apothéotique du studio n’est finalement qu’un simple titre ayant abandonné ses racines de soulslike pour offrir au plus grand nombre une épopée certes plaisante dans l’ensemble, mais non dénuée de défauts, à commencer par une technique pitoyable et sacrément honteuse pour une production de 2024. Même si le feeling des combats manette en main et l’histoire sont globalement réussis, force est de constater que Rise of the Ronin n’est au final qu’un Ghost of Tsushima-like en moins bien abouti sur plusieurs points. On est bien loin d’un jeu qui marquera les mémoires.

  • Sadako

    Journaliste gaming et high-tech depuis 2009, je suis "Vanlifer" depuis 2021, dans mon camping-car équipé pour travailler sur les routes tout comme pour profiter de bons moments de détente !

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