Test de SUPERHOT

Le FPS est un genre de jeux à la mode, et chaque année les titres de ce type ne manquent pas à l’appel. Seulement, il ne faut pas se le cacher, bon nombre d’entre eux commencent cruellement à manquer d’originalité. Sur le papier, SUPERHOT semble vouloir faire bouger les choses à sa petite échelle de jeu indépendant. Développé par la SUPERHOT Team, le jeu financé via Kickstarter semble présenter un gameplay et un style graphique originaux, le tout pour une expérience de jeu intéressante et dynamique. Verdict.

Vous êtes le maître du temps

Là où se situe la principale particularité de SUPERHOT, c’est dans son gameplay. Contrairement aux autres FPS et à la vraie vie en général, SUPERHOT est un jeu où vous devenez, en quelque sorte, le maître du temps : celui-ci s’écoule uniquement quand vous effectuez des actions telles qu’un déplacement, un tir, ou un lancer d’arme… Et si ce principe peut sembler simplifier le gameplay de façon radicale aux premiers abords, ce n’est pas forcément l’impression que l’on a après plusieurs minutes de jeu, surtout quand les ennemis commencent à se multiplier.

Car même si vous êtes un peu le maître du temps dans SUPERHOT, celui-ci pourra aussi jouer en votre défaveur si vous gérez mal vos actions. En effet, chaque balle tirée, et chaque pas effectué vous coûtera du temps et c’est une denrée rare dans SUPERHOT car les ennemis, en plus d’être relativement intelligents, n’ont besoin que d’une balle pour vous tuer et vous faire recommencer la séquence. Chaque erreur sera donc fatale !

Débrancher son cerveau dans SUPERHOT ? Mauvaise idée !

Il convient ainsi à chaque étape et à chaque seconde du jeu de réfléchir chacun de vos actes selon la situation actuelle mais aussi selon ce qui pourrait arriver dans un futur proche car autant vous le dire tout de suite, même si on ne peut pas considérer SUPERHOT comme un Die & Retry, recommencer certaines séquences plusieurs fois est clairement une nécessité pour venir à bout de tous les ennemis tellement certaines séquences doivent être calculées au centimètre près et vous devez tirer parti de chaque élément et capacité qui pourrait vous venir en aide.

Le décor par exemple : les éléments de couleur noire peuvent en effet vous sauver la vie à plusieurs reprises, par exemple si vous les lancez sur les ennemis ou si vous les utilisez pour vous cacher afin d’éviter une balle. Mais aussi, pensez à utiliser chacune de vos aptitudes comme celle de lancer une arme sur un ennemi pour l’étourdir pendant un bref instant pour ensuite lui asséner un coup fatal. De même, arracher l’arme des mains d’un ennemi pourra vous sauver la vie plusieurs fois.

Ainsi, les capacités de votre personnages sont multiples et si le gameplay est très simpliste tout en vous donnant strictement aucune aide (comme le système de couverture ou de visée automatique de certains jeux), ce qui peut compliquer la situation, des explications pour utiliser chacune de vos compétences sont données régulièrement et se trouvent être parfaitement suffisantes, rendant le jeu largement accessible. Notez tout de même que certains joueurs pourront trouver rebutant le léger mais prononcé aspect Die & Retry du jeu.

Entre style graphique et scénaristique originaux et bande son fracassante

Là où l’on peut trouver une autre originalité à SUPERHOT, c’est dans son style graphique très épuré. On pourrait croire à une certaine flemmardise de la part du développeur que d’avoir créé un jeu vide de textures réalistes, mais cela prend tout son sens dès qu’on commence à progresser dans l’aventure du jeu, à comprendre les quelques éléments scénaristiques qui peuvent exister dans le titre. Cela dit, ne vous attendez pas à découvrir une histoire incroyable ou pleine de rebondissements, vous seriez certainement déçu puisqu’on peut seulement ici parler d’un cadre plutôt que d’un scénario.

Il se trouve que vous incarnez une personne se retrouvant dans SUPERHOT sans trop savoir quoi y faire, et c’est alors en progressant que vous commencez à comprendre certaines choses qui donneront, plus tard, l’envie à votre personnage de quitter le jeu… Ou d’y rester à jamais.

La bande sonore, tout comme le jeu lui-même et ses graphismes, se trouve très épurée. Les thèmes musicaux, bien que peu nombreux, habillent bien l’ensemble et offrent ainsi une ambiance cohérente et sans de fausse note tout au long du jeu. Les thèmes s’enchainent aussi bien que les scènes du jeu et ceci pendant toute sa durée, jusqu’aux dernières minutes. Tout de même, si vous n’aimez pas le bruit d’un verre qui casse, évitez à tout prix SUPERHOT car c’est ce bruit que vous entendrez du début à la fin du jeu, car vos ennemis, comme les objets du jeu, sont faits d’une matière qui, lorsqu’elle casse, se trouve faire le même bruit que le verre que l’on brise. Avouons-le, rien que pour ça, c’est jouissif de venir à bout d’un ennemi !

Le jeu indépendant, c’est un peu comme le bio : c’est bon, c’est à la mode, mais c’est cher.

Un des principaux hics de SUPERHOT est clairement son prix, surtout si on tient compte de sa durée de vie. Terminer le jeu en environ cinq heures est assez simple et s’il existe certains modes auxquels vous pouvez jouer après avoir terminé l’aventure principale, ces derniers peuvent vite manquer d’intérêt et devenir répétitifs à la longue. Certains apprécieront y jouer mais d’autres n’hésiteront pas à abandonner le jeu une fois l’aventure principale terminée. Et autant dire que 25€ à la sortie du titre pour un peu plus de cinq heures de jeu est assez mince, même si les autres modes pourront ajouter quelques minutes (voire quelques heures) supplémentaires au compteur.

Ainsi, SUPERHOT, sans être le jeu ni le FPS de l’année ou même un excellent FPS tout court, ne fait pas non plus honte au genre, lui apportant un certain coup de fraîcheur grâce à son gameplay et son style graphique originaux et à une bande son qui assemble parfaitement les deux ensembles cités précédemment. Si le coût du jeu est pour nous quelque peu élevé pour une durée de vie aussi petite et un scénario aussi peu développé, il y a fort à parier que bien des joueurs pourront tout de même y trouver leur compte. Un jeu indépendant comme on en voudrait un peu plus souvent !

Verdict : 14 / 20

  • Sadako

    Journaliste gaming et high-tech depuis 2009, je suis "Vanlifer" depuis 2021, dans mon camping-car équipé pour travailler sur les routes tout comme pour profiter de bons moments de détente !

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