Test de Metal Gear Solid: Ground Zeroes

Réalisation technique

Avec le premier vrai déploiement du Fox Engine, on attendait de voir le côté photoréaliste du titre, promis depuis un certain moment par Hideo Kojima. Même si ce Ground Zeroes ne se passe au final que dans l’ombre d’une simple île, campée d’une base militaire, certains effets graphiques se révèlent être assez impressionnants. Effets de météo, de pluie au sol, d’animations et effets d’éclairages montrent que la série Metal Gear a bien pris du galon dans ses capacités graphiques. Néanmoins, quelques défauts sont à relever, notamment des animations liées aux décors trop mécaniques, certains visages qu'il vaut mieux de ne pas croiser le regard et certaines textures qui ont oublié d’être passé à la moulinette du photoréalisme.

Même si les versions Xbox 360 et PlayStation 3 ne sont pas aussi en retard que certains puissent laisser envisager, il est certes conseiller de profiter de ce titre (enfin, appelez ça comme vous voulez) sur une version new-gen. Les versions PS4 et Xbox One étant similaires côté fluidité, une certaine finesse est à noter pour la PS4 avec un 1080p assez propre, alors que des effets de flou peuvent se distinguer sur la version Xbox One. En somme, un Fox Engine qui promet de belles choses à l’avenir même si certains détails auraient mérité bien meilleurs traitements.

    

Direction artistique

Très difficile à juger, étant donné que le niveau proposé se déroule uniquement dans une base militaire. Alors oui, bâtiments qui se ressemblent, manque de goût dans la manière de dessiner la base et autres déceptions sont présentes, et encore oui, on peut en dire des défauts ! Mais voilà, le contexte est également à prendre en compte, et une base militaire ne se constitue pas d’architectures différentes si la crédibilité nous tient un tant soit peu. Quant à la mise en scène des cinématiques présentent, c'est du Kojima, et donc du lourd !

Level design

Une mission principale, une base militaire, deux otages à libérer, on a déjà vu plus élaboré comme architecture. Néanmoins, la base se révèle être assez intéressante à "visiter", même si celle-ci n’est pas aussi vaste que cela puisse paraître. Plutôt monocorde dans sa conception, il n’est pas question ici de faire évoluer l’architecture de la mission au fil des objectifs, les deux otages à libérer étant à évacuer de la même façon.

Question intelligence artificielle, on ne peut pas aller au point de citer que l’IA a progressé, mais la palette de nouvelles animations offre un peu plus de crédibilité à leur comportement, bien que celui-ci reste totalement scripté et que quelques moments d’incohérences surgiront bien évidemment, comme dans tout jeu d’infiltration. Entre les va-et-vient incessants, les cadavres trainant par terre sans provoquer l’alerte de la base mais juste 2 minutes de suspicion et les détections approximatives, l’IA n’est pas passée à la next-gen et reste globalement en retrait vis-à-vis des nombreuses améliorations positives du titre.

    

Enfin, la construction de la base reste assez banale dans sa globalité, les hauteurs ne pouvant être prise qu’à travers des postes de contrôle, seul les bâtiments de la deuxième partie de la mission sont assez intéressants dans leur conception, tant pour y pénétrer que pour en ressortir. Ainsi, la prise de véhicule peut être nécessaire, tout comme vous camoufler pour y pénétrer discrètement par une entrée reculée. Il est évidemment compliquer de juger un level design sur un temps de jeu aussi court et aussi peu avancé dans la trame scénaristique que proposera The Phantom Pain, tout comme il est difficile de juger des promesses de notre cher Hideo Kojima pour un passage du jeu qui n’est pas dans les mêmes proportions que le vrai Metal Gear Solid 5: The Phantom Pain.

Gameplay

Kojima avait promis de l’évolution dans le gameplay, il ne nous a pas menti. Solid Snake n’a quasi plus rien à voir avec le Solid Snake de ces dernières années, avec un lifting complet sur ses animations qui en font, enfin, un personnage nouvelle génération. Une palette de nouvelles animations est au programme, et un soin apporté à la crédibilité du personnage fait de Snake un nouveau personnage en lui-même à redécouvrir. Les fans hardcores pourront peut-être pestiférer son géniteur quant à la nouvelle tournure du gameplay pour Snake, mais il en va de soi que celui-ci avait clairement besoin d’une cure de jouvence à ce niveau, et c’est chose faîte dans cette introduction de Metal Gear Solid 5.

Côté gadget, une belle approche nous est offerte avec ce prologue, avec notamment un casque permettant de géolocaliser les ennemis afin qu’ils soient marqués définitivement, et une nano vision histoire de voir dans le noir, utile vu que c’est la nuit, me direz-vous ! Enfin, un aspect intéressant, les gardes parlent entre eux et vous lâchent des indices forts intéressants. Vous pouvez donc, tout en restant discret, écouter une conversation entre plusieurs gardes qui vous communiqueront plusieurs indices, notamment le lieu où est retenu Paz. Bien évidemment, des clins d’œil sont également de mise pour ainsi donner, aux fans du genre, les petits moments pour lesquels ceuxi-ci ont acheté Ground Zeroes au prix fort.

    
Autre bouleversement dans la série, c’est un petit peu la "Max Paynisation" de Solid Snake, pour ainsi éviter quelques phases d’infiltration parfois relativement bien corsées. Ainsi, rien ne vous empêchera de pouvoir jouer la mission comme un TPS classique, offrant au final une bonne dose d’action, mais aussi une partie de plaisir pour les joueurs privilégiant l’infiltration au profit de combats brutaux.  Peut-on parler de simplification pour la série Metal Gear Solid ? Pas nécessairement, car si le combat brutal à la manière d’un bon TPS vous comble, vous serez vite confronter à la base entière, ne vous laissant ainsi que très peu de chance de vous en sortir. L’infiltration reste, et restera, le genre préféré de la franchise Metal Gear.

Scénario

Autant vous le dire immédiatement, ne comptez pas commencer l'expérience Metal Gear avec ce Ground Zeroes pour y comprendre quoi que ce soit. Non, Ground Zeroes s'appuie à fond sur la trame de fond scénaristique de la série pour s'attarder sur un pan de l'histoire qui fait suite aux aventures narrées dans Peace Walker sur PSP. On se retrouve donc plongé en 1975 dans le Camp Oméga, avec Big Boss aux commandes. Il faudra donc aller porter secours à Chico et Paz retenus par Skull Face en évitant les gardes, pour avoir droit à un beau retournement de situation à la fin de l'aventure. Une mise en bouche agréable, mais Ground Zeroes ne manquera pas de frustrer les fans qui en attendaient très certainement beaucoup plus de la part de Kojima…

 

 

Bande son

La nouvelle voix de Snake, incarné par Kiefer Sutherland, ne sera pas à juger dans ce prologue, étant donné le faible nombre de répliques de celui-ci. Idem pour le jeu en général, où peu de dialogues sont à pourvoir mis à part pour la fin du titre où quelques révélations sont faites. Dans l’ensemble, la bande son se joue d’une qualité plus qu’honorable, avec quelques détails assez intéressants et une immersion globalement assurée. Il reste qu’au vu de la faible durée de vie du jeu, il sera ici aussi plus sérieux de juger de ce domaine dans l’expérience finale livrée bien plus tard dans Metal Gear Solid 5: The Phantom Pain.

Durée de vie

Sujet qui fâche, qui divisera, et il y a de quoi. Pour la mission principale de Ground Zeroes, comptez environ 1h30 pour en voir le bout en mourant quelques fois, et comptez environ moitié moins quand vous connaissez les lieux de détention de Chico et Paz, et que vous maitrisez un peu mieux le gameplay. Néanmoins, en ne finissant que cette mission et en ne délivrant que les deux personnages, vous n’êtes qu’à 9% dans la progression. Des missions secondaires sont également présentes pour vous jouer le trompe l’œil puisque celles-ci se révèlent être tout aussi intéressante qu’un documentaire sur les poulpes sur Arte. En somme, même si la rejouabilité est de mise de par un système de scoring intéressant avec une difficulté assez relevée, le quid du prix en rebutera plus d’un, et il est un droit, qu’à partir de ce tarif, on est en droit d'en attendre davantage (un exemple ? Child of Light).

Conclusion

Arnaque ou véritable mise en bouche ? Expérience uniquement consacré aux fans ou réelle envie d’élargir son public ? Tant de questions qu’il est normal que certains puissent voir le mal en ce prologue nommé Metal Gear Solid 5: Ground Zeroes. Mais très clairement, faisons le distinguo. D’un côté nous avons les fans assidus de la franchise qui savent très clairement ce qu’ils achètent, et les autres, qui pensent que ce titre pourraient les occuper quelques heures sur leurs consoles nouvelles générations fraîchement obtenues.

Pour le premier public, l’expérience est au rendez-vous et la jonction entre ce prologue et le véritable MGS 5 est bien menée, avec un Kojima qui, comme à l’accoutumée, donne des indices parfois bien cachés dans un prologue qui amusera autant les fans assidus d’infiltration que les personnes suivant la trame scénaristique. Pour le reste, en première enjambé, la mission principale se termine en 1h30 environ avec quelques séquences de hors sujet. Un joueur ayant déjà fait la mission se verra être dans la possibilité de terminer la mission entre 20 et 40 minutes.

On peut crier au scandale, il est vrai, mais Kojima avait très bien expliqué à quoi servait cet opus. Le moyen commercial est certes sujet à d’autres débats, mais ne faisons pas intervenir la qualité du jeu de celui-ci. Car si Konami et Kojima Productions ne sont pas passés à la nouvelle génération commerciale, Metal Gear Solid, lui, oui. Qu’on se le dise ou non, après cette mise en bouche, The Phantom Pain se fait grandement attendre. Signe d’un bon sorbet qui laisse attendre le plat de résistance…

Verdict : 14 / 20

  • Sadako

    Journaliste gaming et high-tech depuis 2009, je suis "Vanlifer" depuis 2021, dans mon camping-car équipé pour travailler sur les routes tout comme pour profiter de bons moments de détente !

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