Test de Mad Max

De retour dernièrement au cinéma, la licence Mad Max n’a pas manqué cette occasion pour revenir également nous présenter son univers post-apocalyptique dans un jeu vidéo sur PC, PS4 et Xbox One. Un temps prévu sur PS3 et Xbox 360 avant d’être annulé et porté sur nos machines actuelles, Mad Max nous place au coeur d’un grand open-world brutal, où vous devrez survivre à la fois au volant de votre voiture qu’à pied. Une aventure dont nous vous proposons de découvrir ses qualités et défauts via notre test réalisé sur une version PS4 presse, semblable en tous points à la version commerciale.

La beauté de l’apocalypse selon Mad Max

Histoire de casser un peu nos habitudes, nous choisirons de parler en premier lieu d’un défaut assez désagréable dans Mad Max, son scénario. Non pas qu’il soit foncièrement mauvais, et démarrant même tambour battant, mais on lui reprochera surtout d’être d’une platitude extrême, ne mettant pas assez en avant les personnages loufoques et barrés du casting pourtant charmeur. Avalanche Studios s’est uniquement contenté de créer des personnages haut en couleurs, et de nous faire faire des navettes pour découvrir à chaque nouveau territoire un nouveau gardien. La trame de fond existe, puisque Max doit à tout prix muscler son attirail pour s’en sortir, mais le tout est vraiment trop peu exploité.

Outre cette déception, on sera en revanche beaucoup plus enthousiaste sur la plastique du jeu. Quel que soit le support sur lequel vous lancerez Mad Max, vous vous retrouverez dans un monde post-apocalyptique où plus grand chose ne subsiste, divisé en plusieurs régions qui possèdent toutes des teintes différentes. Graphiquement, les environnements extérieurs sont somptueux, proposant des panoramas du desespoir magnifiques, des envolées en montgolfière vertigineuses vous proposant de lorgner les points d’intérêt lointains à la longue vue de toute beauté et des tempêtes de sable qui vous boucheront la vue de manière aussi réussie artistiquement que techniquement. Il ne subistera que quelques environnements clos vraiment moches, que l’on croirait issus des versions PS3 et Xbox 360, non retouchés. Unique petite déception, pour un Mad Max qui reste beau dans son ensemble, à deux ou trois rares chutes de framerate ça et là.

Mad Max: Ferrailleur Simulator 2015

Une fois laché dans le désert, Max devra très rapidement se lancer à la conquête du monde, mais aussi réunir tous les éléments de sa réussite personnelle. Vous apprendrez très vite à connaitre Chumbucket, génie mécanique aussi laid et déformé que compétent, et un chien qui est passé à deux doigts de la casserole qui vous aidera à trouver des explosifs sur les terrains minés. Mais la réalité numéro une qui s’imposera à tous les joueurs rapidement sera la nécessité de trouver de la ferraille. Des tonnes de ferrailles, même. Pour ce faire, il va falloir bucher, travailler, exploiter les décharges à ciel ouvert qui jonchent le monde ravagé de Mad Max pour à la fois récupérer des pièces servant à upgrader les bases (une par région), mais surtout à faire évoluer votre personnage et votre bolide, la fameuse Magnum Opus.

Avalanche Studios a vraiment placé (à tord comme à raison, nous y reviendrons plus bas dans ce test) la ferraille au centre du Game Design. Pour progresser dans l’aventure comme faire évoluer Max et sa caisse, vous devrez réunir des quantités astronomiques de ferrailles. Au début du jeu, le tout est assez rapide, pour devenir un petit calvaire dans la seconde moitié de l’aventure où le farm s’imposera en masse. Pas très agréable, il faut bien le dire. Vous serez également bloqué par des paliers à débloquer, autant pour Max que sa voiture. Il faudra aller voir Grifka, personnage énigmatique qui pop à certains endroits des régions, pour dépenser des jetons acquis à droite à gauche pendant vos missions, afin d’améliorer les compétences de Max, mais surtout débloquer de nouvelles compétences. Sur ce point, nous posons le même constat, à savoir que l’évolution est plutôt rapide au début du jeu, mais que le tout se ralentit pas mal une fois les 8 heures de gameplay passées.

Un monde ouvert complexe et varié…

Avalanche est plutôt expert en jeux à monde ouvert, avec une solide expérience acquise sur la série Just Cause. Cela se ressent dans Mad Max, qui jouit d’un monde ouvert rempli de choses à faire. Durant les premières heures de jeu, vous vous sentirez d’ailleurs un peu perdu au milieu de tout ça, ne sachant pas vraiment quoi faire, ni dans quel ordre. Fort heureusement, le jeu regorge de tutos qui expliquent très bien ce que les nombreuses icones représentent en termes d’activités annexes et éléments à fouiller. En dehors des missions principales de l’histoire, vous pourrez donc explorer des décharges occupées par quelques ennemis (il est très facile de les vider et de les piller), éclater des convois de voitures qui font des rondes, vous promener tranquillement, et faire baisser le taux d’occupation d’un territoire, autre gros point fort du Game Design de Mad Max.

Le but est simple, pour réduire à néant l’occupation des sous-officiers de Scrotus, il va falloir faire baisser une jauge de 5 niveaux par région. Pour ce faire, vous pourrez détruire des sortes de mini-tours, tuer des snipers, et videz des postes de garde. Particulièrement difficiles pour certaines, les zones de contrôle mettent en avant le gameplay à pied de Mad Max, pour un héros qui peut compter sur des combos automatiques qui sortent bien, avec une touche d’esquive qui permet d’enchainer les frappes et d’entrer en furie. Vous pourrez aussi ramasser des armes blanches et vous servir des bidons d’essence pour tout faire péter, ou encore utiliser votre pétoir personnelle aux munitions toutefois très éparses. Si la caméra vous jouera parfois de vilains tours en bouchant la vue, interdisant alors de voir quand contre-attaquer, il faut avouer que ce type de gameplay à pied est très fun, dynamique et assez précis.

En voiture, le gameplay est tout aussi efficace, tout en étant évolutif. Au début de l’aventure, vous aurez un moteur poussif, une caisse qui ne résistera pas vraiment aux chocs, et un panel d’accessoires limité. Au fur et à mesure, vous débloquerez de plus en plus d’éléments qui permettront à Max et Chum d’être aussi puissants en chocs qu’à distance, grâce aux différents grappins et snipers. Il ne faudra alors qu’enchainer les missions pour farmer de la ferraille, sous peine d’avoir une Magnum Opus en panne sèche fréquemment, et qui explosera en mille morceaux au moindre bisou ennemi plus loin dans l’aventure. C’est d’ailleurs à partir de ce moment là que Mad Max lève un peu le pied côté plaisir de jeu…

…qui possède aussi des limites

Les 8 / 10 premières heures de Mad Max sont géniales. L’impression de variété bat son plein, les missions s’enchainent sans trop se ressembler, et le titre d’Avalanche Studios donne une impression de diversité intéressante. Mais, comme dit plus haut, les choses se révèlent finalement répétitives une fois la seconde moitié de l’aventure franchie. Pourquoi cela ? On s’aperçoit très rapidement que la ferraille manque de manière assez grossière dans notre inventaire, que les missions secondaires pour en gagner son répétitives, et que les missions du scénario ne se renouvellent plus vraiment.

Attention à ne pas dramatiser non plus, Mad Max reste un jeu agréable à parcourir, mais n’arrive pas à faire monter la pression et à la maintenir sur la durée. L’aventure reste un peu trop plate, donc, pour vraiment rester inoubliable. Dans les choses qui fâchent également, on notera quelques imprécisions momentanées qui nous empêchent de bien voir ce qu’on doit faire à l’instant présent. On croisera également beaucoup de buchers à mettre à terre pour faire baisser le niveau d’alerte des régions, mais d’un niveau bien trop élevé pour que vous puissisez vous en charger immédiatement. Vous entrevoyez les aller-retours à faire ? Vous avez raison ! Enfin, on notera également un gameplay qui manque de souplesse lorsque Max évolue à pied pour une seule raison : il est impossible d’escalader le moindre rocher avec l’unique saut de canichette possible. Dommage.

Evolutionniste et régressiste à la fois

Pourquoi un tel sous-titre pour terminer ce test de Mad Max ? Pour étayer une (fausse) impression lorsque l’on commence l’aventure. Durant les premières heures, on s’imagine un contenu qui est drastiquement différent de ce que le jeu nous propose vraiment. Sans être décevant, Mad Max ne va pas assez loin dans tous ses compartiments pour devenir un open world immanquable sur PC, PS4 et Xbox One. On en retiendra toutefois une solide exploitation du tant à la mode open world, une fidélité délicieuse au post-apocalyptique si cher à la série cinématographique, une bonne adaptation en jeu vidéo d’une série de film (et c’est plutôt rare !), un gameplay agréable, des missions funs, mais un Mad Max qui aurait peut-être mérité un peu plus de temps de développement pour être aussi ambitieux qu’il en avait l’air durant les 5 ou 6 premières heures. On recommande malgré tout l’aventure aux amoureux de jeu d’action / aventure, qui s’amuseront probablement beaucoup dans ce monde dévasté !

Verdict : 14 / 20

  • Sadako

    Journaliste gaming et high-tech depuis 2009, je suis "Vanlifer" depuis 2021, dans mon camping-car équipé pour travailler sur les routes tout comme pour profiter de bons moments de détente !

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