[Edito] Pénuries, Cross-Gen PS4 PS5, portages sur PC et prix des jeux - Un premier bilan !

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, par Amaury Laguerre (Sadako)

Il y a un an, nous nous apprêtions à découvrir la philosophie de Sony avec sa toute nouvelle PS5, "disponible" depuis la fin de l'année 2020. Que s'est-il passé en une année ? Les promesses de PlayStation sont-elles tenues ? Est-ce que l'avenir sera bien différent de ce que nous avons connu durant les précédentes générations ? Dans cet édito, je vous propose de découvrir mon analyse des choses, et de répondre à des questions qui restaient jusqu'à présent en suspens.

1. La pénurie de PS5 sera durable

Depuis la sortie de la PlayStation 5, je m'engage à vous faire part de mes informations concernant les restocks de consoles (sur ma page Facebook et mon compte Twitter), et une constante s'installe durablement : les ruptures de stock seront tenaces. D'ailleurs, il faudrait davantage parler de pénurie de PS5 que de rupture de stock, puisque stock, il n'y a jamais vraiment eu, les ventes se faisant en flux ultra tendus.

Vous êtes en tout cas très nombreux à souhaiter vouloir acheter une PlayStation 5 de manière "classique", soit en vous rendant dans un magasin puis en repartant avec une console sous le bras, mais j'ai le regret de vous répéter que cela risque de ne pas être possible avant au moins 2 ans, voire 3. Les problèmes de semi-conducteurs s'enchaînent, et l'avenir n'est toujours pas plus rose. Le meilleur pari est donc toujours de vous faire inscrire sur une liste d'attente dans une boutique en attendant sagement votre tour, lorsque les magasins recoivent des consoles.

2. Les premières exclusivités sont excellentes

En ayant eu la chance d'avoir la PS5 dès sa sortie, j'ai déjà pu découvrir et dévorer toutes les exclusivités PS5 disponibles. Et très honnêtement, je n'avais encore jamais pris autant de plaisir sur une nouvelle console qui met en général plus de 18 mois à proposer des jeux vraiment intéressants. En témoigne mes Trophées platines de Astro's Playroom, Demon's Souls Remake et Returnal, deux jeux ayant reçu la rare notation globale (et maximale sur Playerone.tv) de 19/20. Seul la sortie de Destruction AllStars m'a vraiment déçu, avec un jeu multijoueur que je qualifierais de "sans âme" et absolument pas intéressant sur la durée.

3. Le cross-gen PS4 / PS5, un vrai problème ?

Comme à chaque début de génération, ou presque, la PS4 et la PS5 continuent de cohabiter par la sortie des jeux des éditeurs tiers sur les deux machines, et, c'est une première pour PlayStation, des "exclusivités" qui sortent sur les deux supports en même temps. Si certains joueurs peuvent trouver cela destabilisant, j'ai toutefois été conquis de pouvoir faire Spiderman: Miles Morales, Resident Evil Village ou encore Yakuza: Like a Dragon et Hitman 3 sur PS5 plutôt que sur ma PS4 Pro pour diverses raisons : la résolution native et / ou la qualité supérieure de l'upscaling de la PS5, l'exploitation de la DualSense, véritable "game changer", l'audio 3D et les modes fluidité à 60 images par seconde.

N'oublions pas non plus le ray tracing et les temps de chargement qui font que les versions PS5 des jeux également disponibles sur PS4 n'ont plus grand chose à voir entre elles en ce qui concerne l'expérience globale d'un jeu.

Quand on voit ce qu'est d'ailleurs capable de faire Guerrilla Games avec la démo de gameplay de Horizon II: Forbidden West, je suis plutôt "rassuré" de voir que les sorties cross-gen n'entâchent pas de manière visible les productions PS5, erreurs de communication marketing mise à part sur lesquelles nous reviendront en fin de cet édito. Pour moi, sortir des jeux PS5 également sur PS4 n'est donc pas un problème, tant que Sony ne nous fait pas regretter d'être passé sur PS5 "pour rien".

4. Exclus sur PC, des zones d'ombres qui s'éclaircissent

Au fil des mois, nous pouvions avoir des doutes quant à la stratégie PlayStation vis-à-vis des portages des anciennes exclusivités PS4 sur PC, et des projets cross-gen. Plus les mois passent, et plus les plans de Sony se précise. Via les diverses interventions publiques du constructeur, on peut finalement écarter une stratégie à la Xbox : les portages de jeux PS4 (et sans doute PS5 à l'avenir) sur PC resteront du cas par cas, et avec des sorties très espacées des sorties sur consoles.

Il n'en reste pas moins que Sony tire un trait sur le terme "exclusivité" pour certaines de ses productions, soit un changement drastique de philosophie pour la branche gaming PlayStation. De là à tenter les joueurs consoles de se construire un PC ? Je n'ai pour le moment pas vu de tels mouvements, mais plutôt des joueurs PC qui souhaitent acheter une PS5 pour découvrir d'autres exclusivités PlayStation. Le plan souhaité par le PDG de Sony semble donc fonctionner, tout en dégageant plus d'argent des productions de plus en plus coûteuses.

D'un point de vue absolument personnel, je suis un peu tiraillé entre deux schémas de pensée quant à l'arrivée des jeux PlayStation Studios sur PC. D'un côté, je me dis qu'il est plutôt agréable de voir les joueurs les moins fortunés pouvoir jouer à des jeux sans avoir à acheter divers supports, et d'un autre côté, je suis assez déçu de voir un morceau d'âme des consoles partir. Cette décision de Microsoft quant à la sortie de tous les jeux Xbox sur PC m'a tout simplement convaincu qu'une Xbox ne me sert plus à rien, et je n'aimerais pas que Sony et Nintendo prennent le même chemin, étant un amoureux des consoles, de leur incroyable optimisation et des exclusivités qui dessinent les traits de caractères d'une machine de manière viscérale. La stratégie de Sony est donc très borderline selon moi.

5. L'augmentation du prix des jeux est-elle justifiée ?

A une époque où le pouvoir d'achat est mis à mal par notre société de (sur)consommation, je peux maintenant répondre à une question que vous m'avez souvent posé : la hausse de prix des jeux PlayStation est-elle justifiée ? Si Sony est loin d'être le seul à pratiquer des augmentations des prix des jeux (sur le PlayStation Store et dans les boutiques spécialisées), ma réponse sera clairement "non". Les jeux ne sont pas plus longs qu'avant, et il m'est difficile de donner raison à cette prise de poids en euros pour des titres comme Demon's Souls Remake ou Returnal par exemple.

Avec les sorties cross-play et certaines sorties sur PC, il est d'autant plus injustifié d'avoir fait prendre 10€ aux jeux vidéo, les amortissements étant plus nombreux qu'en début de vie de la PS4, par exemple. Fort heureusement, les grandes surfaces et les sites de vente en ligne proposent la plupart du temps des tarifs proches de ceux que nous connaissions à la génération précédente, avec, par exemple, un Resident Evil Village qu'il était possible d'avoir pour moins de 45€ à sa sortie.

Il est très difficile d'attribuer un juste prix à un jeu vidéo donné, les aspirations des joueurs et des joueuses n'étant pas les mêmes, mais je ne vois en tout cas pas de justification pertinente d'avoir passé les prix de 70 à 80€.

6. Jim Ryan, le moins bon PDG PlayStation ?

Je ne joue pas aux jeux vidéo en rapport avec mon accord avec les dires des PDG des différentes sociétés, mais je trouve que nous sommes actuellement au creux de la vague en ce qui concerne les têtes dirigeantes de Sony, Microsoft et Nintendo. Je ne souhaite pas faire de parallèle entre eux trois, mais je trouvais les présidents plus charismatiques auparavant. Que l'on parle de Phil Spencer, Jim Ryan ou encore Shuntaro Furukawa, on retrouve un peu toujours cette communication qui est plus éloignée de nous, les joueurs.

Entre mensonges à demi-mot et zones d'ombres dans les campagnes marketing, Jim Ryan est pour le moment moins percutant que Andrew House. La plus grosse erreur, selon moi, aura été d'avoir annoncé un changement de génération avec la PS5, pour finalement voir des jeux sortir également sur PS4 en cross-gen.

Les comptes en banque de Microsoft, Nintendo et Sony n'ont jamais été aussi élevés, mais ce ne sont pas vraiment les types de présidences qui me rassurent, un "loup" ne se trouvant jamais loin lors des annonces faites par eux trois. Pour en revenir à PlayStation, il n'y a cependant pas de raison majeure de douter d'une génération PS5 moins bonne que celle de la PS4, et c'est même tout l'inverse qui se produit depuis une année, avec un bilan que je vous propose ci-dessous.

7. Mon retour d'expérience sur ce début de vie

D'une manière générale, les promesses de la PS5 sont très largement tenues, pour une console qui me comble vraiment entièrement, et qui me laisse entrevoir de futures merveilles à jouer dans les mois et années à venir. Jamais une machine ne m'avait autant occupé sur ses premiers mois de vie, avec des jeux déjà très bons, et une rétrocompatibilité qui occupe entre deux jeux. Et c'est une personne qui n'achète pas une console pour jouer à de "vieux jeux" qui vous dit ça.

Avec un PC à mes côtés, j'ai vraiment la sensation de ne passer à côté de rien en termes de sorties, et j'ai déjà très hâte de voir à quoi ressembleront les prochaines "exclusivités" PlayStation. Certes, tout n'a pas été irréprochable en une année de PS5, mais globalement, c'est un lancement plus que réussi. Le plus réussi de toutes les PlayStation ? Je dirai sans aucun problème que oui. A Sony de continuer à exploiter correctement ses forces en limitant ses faiblesses, et surtout à communiquer de manière plus transparente à l'avenir !