Tests PSVR - Firewall: Zero Hour, The Persistence et Astro Bot Rescue Mission (PlayStation VR)

Avatar de Thomas
, par Thomas

Firewall: Zero Hour

Sorti fin aout  2018 (on s’excuse pour le retard), Firewall: Zero Hour ( ou zéro heure, pour les aficionados des traductions françaises véreuses) est un FPS tactique qui a le mérite de diversifier la palette de jeux disponibles sur PSVR.

Quiconque a déjà pu jouer à des Tom Clancy’s n’aura aucun mal à se faire à l’ambiance et au level-design plutôt recherché du très classique mode "contrat". Qu’on se le dise, ce mode contrat constitue en fait le seul "vrai" mode de ce FPS tactique qui n’a rien à envier aux meilleurs FPS du moment. Le soft ne pêche malheureusement que par son manque criant de contenu. Au total, on pourra compter un mode "contrat", un entrainement en solo ou Co-op, qui ne sont en fait que des vagues de bots disposés en arène, et qui ne s’arrêteront que lorsque vous l’aurez décidé.

En revanche, le "vrai" mode "contrat" s’avère être un réel plaisir. Au terme d’un player VS player de 5 petites minutes, les équipes sont divisées en 2 : la défense et l’attaque. L’attaque doit hacker un firewall pour révéler la position d’un ordinateur qui contient des infos top secrètes. La défense se doit de… devinez quoi ? Empêcher l’attaque de voler l’ordinateur, tout en flinguant les joueurs qui parviendraient à s’en approcher.

Dans les faits, c’est simpliste, certes… ça l’est. Dans la pratique, le jeu est incroyablement fun, notamment en VR, et grâce à l’addition précieuse et précise du VR Aim Controller, introduit depuis Farpoint.

Si vous vous attendez à un jeu purement solo, qui voit en le multijoueur, une simple addition, passez votre chemin, ce jeu n’est pas pour vous. Si, en revanche vous êtes un acharné des CS, Rainbow Six ou  autres Ghost Recon, ce Firewall Zéro Heure vous apportera votre dose d’adrénaline et de bonheur, et saura combler votre demande d’immersion avec force et grandiloquence.

Verdict : 15/20

The Persistence VR

S’il est bien un genre qui profite de l’addition immersive qu’apporte le PSVR, c’est bien celui de l’horreur. Resident Evil, Until Dawn: Rush of Blood et beaucoup d’autres se sont essayés à ce genre sur VR, avec un succès plus ou moins mitigé. C’est aujourd’hui les développeurs de FireSpirit qui se mettent au diapason de l’horreur sur le PSVR.

Inutile alors de répéter que The Persistence utilise avec brio les mécaniques de l’horreur, et que vous n’avez pas à être une chiffe molle comme moi pour sursauter une à deux fois pendant les 6 heures de jeu que le soft vous propose. Vous commencez donc l’histoire en tant que clone d’une officière de sécurité sur un vaisseau qui est revenue des morts grâce à Serena Karim, qui n’est autre qu’une ingénieure de renom sur le vaisseau. Si vous êtes habitués des Dead Space, ce début d’intrigue ne brille pas par son originalité, et, à vrai dire, ni par sa mise en scène.

Du point de vue des mouvements, la bonne nouvelle est que le soft propose 3 types de déplacements, accommodant même les plus prompts à gerber sous le coup du casque de réalité virtuelle. Aucun souci donc de ce côté-là, d’autant plus que les interactions avec les PNJ et les objets de mission ne se font qu’avec la tête. En revanche les tirs et autres interactions vont se faire avec l’aide de la manette PS4.

Même si The Persistence VR se vend comme un jeu d’horreur, il faut avouer que la progression du joueur, à bien des égards, va à l’encontre de ce fait. Le côté stealth et horreur se dilapide au fur et à mesure des évolutions de notre personnage. Ainsi, si les premières heures de jeu vous contraindront à prendre vos ennemis en traitre avec votre taser, les upgrades au niveau des armes (qui, au passage, ne manquent ni d’originalité, ni de fun) vous transformeront en réelle guerrière sanguinaire. C’est ironiquement à ce moment-là que Persistence prend tout son… sens.

Si vous pouvez braver les premières heures de jeu, où l’horreur côtoie souvent l’ennui, Persistence pourrait se révéler comme une excellente surprise sur PSVR. Et c’est déjà pas mal…

Verdict : 14/20

Astro Bot Rescue Mission

Les plus beaux jeux forment parfois les plus belles surprises. Beaucoup voient en la réalité virtuelle, une nouvelle façon d’arpenter la réalité. Astro Bot leur prouve que le jeu de plateforme a toute sa place dans cette réalité, et que, plutôt que de la modifier, il faudrait en fait, la transcender. C’est ce que le soft de Japan Studios s’affaire à réaliser, avec maestria et brio.

L’intrigue est simple : un méchant monsieur vous vole vos enfant bots, et il appartient à vous d’aller les récupérer dans plusieurs petits mondes dont le level-design oscille entre perfection et… perfection.

Ce qui enchante dans cet Astro Bot, ce n’est pas son pouvoir d’attendrissement, ni son potentiel d’immersion. Astro Bot n’est pas un jeu d’horreur, il ne vous fera pas sursauter, il ne vous fera pas non plus bouger de droite à gauche devant votre caméra. En revanche, le nouveau venu de Japan Studios est aujourd’hui le jeu qui utilise le plus intelligemment les nouveautés du PSVR , grâce à un level design absolument délicieux et parfaitement orchestré.

Le jeu de plateforme trouve alors une vie nouvelle, une utilité nouvelle et un but alors jamais soupçonné. Des mécaniques simples de combat, transcendées par des mouvements de tête que vous devez faire pour regarder derrière un mur, ou des clins d’œil osés et savamment orchestrés à la God of War. Astro Bot ne se refuse rien, et rien de ce qu’il ne se refuse n’est une honte pour le joueur.

Graphiquement, le jeu, même sur PSVR est un délice. Coloré, mignon, attendrissant, doux-amer, tendre, émouvant… les vocables manquent pour décrire son enchantement graphique. Par ailleurs, certains regretteront peut-être la palette de mouvement un poil restreinte, mais se délecteront de la caméra statique, qui laisse au joueur PSVR tout loisir de bouger la tête pour explorer les moindres recoins du monde qui l’entoure.

Enfin, Astro Bot brille par-dessus tout par sa mise en scène qui transpire la maitrise et l’intelligence. Grâce à des plans tantôt serrés, tantôt larges, les développeurs ont réussi à faire ressentir la profondeur du niveau tout en donnant l’illusion d’un monde sans limite. L’utilisation du pavé tactile, qui n’est pas figé dans une fonction particulière, achève cet ensemble qui n’a rien à envier aux meilleurs jeux de plateforme de Nintendo. Loin du bruit assourdissant et des promesses à peine tenues des grandes licences PSVR, Astro Bot signe la réussite d’un soft mignon et intelligent, qui montre enfin au monde toutes les possibilités du PSVR. Il semblerait bien alors que le casque de réalité virtuelle de Sony ait enfin trouvé son ambassadeur… et, comble de l’ironie, c’est un robot.

Verdict : 18/20